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Comment la France a préparé l’après-Bongo

Le patriarche de la la Françafrique Omar Bongo s’est éteint. Le « Vieux » comme le surnommaient affectueusement ses pairs africains était malade de longue date.

Son cancer était un secret de polichinelle que les autorités gabonaises tentaient tant bien que mal de dissimuler au peuple de Libreville, habitué aux absences de leur chef.

Le mal incurable de sa femme Edith, fille du président congolais Denis Sassou-Nguesso, et les prétendues visites qu’Omar Bongo lui rendait au Maroc où elle était hospitalisée, contribuaient à rendre la mystification crédible aux yeux des gabonais.

Mais il n’en allait évidemment pas de même aupres des services de renseignement français qui savaient depuis plus de neuf mois que l’état de santé du président Bongo annonçait sur le moyen terme une succession à haut risque dans ce petit pays pétrolier du Golfe de Guinée dominé sans partage par Omar Bongo depuis 1967.

Francafrique2Et ce n’est pas sans une pointe de crainte que le Quai d’Orsay a commencé à envisager les scénarios possibles. Le Gabon, personnifié depuis plus de quarante ans par Bongo (qui a vu défilé tous les présidents de la Ve République dans son palais rococo de Libreville), ne constitue pas seulement la pièce centrale du dispositif français en Afrique (tant géopolitique que militaire), mais c’est aussi évidemment un pays aux richesses pétrolieres immense, largement controlées par Total.

Total_2007_carte_gabon

Activité de Total au Gabon

Des l’été 2008, l’enjeu est donc de taille pour le président français Nicolas Sarkozy, qui a professé tout au long de la campagne présidentielle qu’il comptait redéfinir les relations entre la France et ses anciennes colonies.

Le système de la Françafrique, mis en place par le Monsieur Afrique du Général De Gaulle Jacques Foccart, savant mélange d’intérêts d’Etat et de bénéfices privés avait pour but but d’assurer le contrôle de la métropole sur ses anciennes colonies tout en protégeant les contrats économiques francais dans ces pays et en s’assurant de leur vote à l’Assemblée des Nations Unies.

Le candidat Nicolas Sarkozy, comme ses predcesseurs, juge le systeme dépassé et malsain. Le président Sarkozy se gardera pourtant bien d’y toucher. Au grand bonheur de Bongo qui le reçoit en grande pompe pour son premier déplacement présidentiel à l’étranger.

Le « Vieux » est donc mourant.Entre le Quai et le bureau Afrique de l’Elysée, on s’agite donc ces derniers mois pour trouver une solution qui assure la pérénité de la relation privilégiée entre la France et le Gabon.

Très vite, deux solutions émergent. Deux options succéssorales incluant chacune un des enfants du président. La fille ainée Pascaline, proche conseillere de son pere, et le second Ali, ministre de la Défense.

Le premier choix des diplomates s’oriente naturellement vers Pascaline, une habituée des couloirs de l’Elysée qu’elle hante depuis sa prime enfance.

Cette femme de 56 ans, fille aînée d’Omar Bongo, est considérée par les diplomates français comme la candidate la plus crédible et la plus expérimentée. Depuis près de vingt ans, elle travaille dans l’ombre de son père à mi-chemin entre l’éminence grise et l’envoyée spéciale. Son tact, son intelligence et son sens politique ont permis au « Vieux » de déminer bien des situations et des malentendus avec le grand frère français.

Mais Pascaline est une femme et les diplomates français comprennent assez vite que ses chances de succéder à son père par les voies du scrutin universel sont minces. On pense aussitôt à utiliser son mari Paul Toungui, ministre des Affaires Etrangères pour faire figure de candidat à la place de Pascaline.

Très vite pourtant, les informations remontant de Libreville, que ce soit de l’ambassade ou d’agents de passage, démontrent que le petit frere Ali ne se laissera pas doubler par sa soeur. Ali fait comprendre à ses interlocuteurs qu’il faudra compter sur lui et qu’il peut se prévaloir du soutien de l’armée.

Le choix de la cellule Afrique de l’Elysée est … de ne pas faire de choix, chose que les diplomates savent faire a la perfection. On ménage des lors les deux candidats qui conviennent finalement assez bien aux intérets de la France.

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  1. mensonge
    13/04/2010 à 14:51

    Vous n’avez pas trouver mieux comme portrait que ce plagia de ce que dit la presse française?
    Ce faut portrait d’Ali n’a d’égal qu’avec la fraude avec laquelle il a pris le pouvoir. Je suis honteux pour vous (si c’est un gabonais qui a écrit ces pages) de voir que vous continuer à soutenir la monarchie en Afrique. Le Gabon ne mérite pas cette chute vers le bas surtout après ce que son père a fait à notre pays. La France (principale pilleuse du Gabon) n’est pas innocente dans la ruine et la mauvaise gouvernance du Gabon: Vous serez tous juger au tribunal de l’histoire…

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