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Robert Bourgi, l’affairiste sorti du caniveau de la Françafrique

Je souhaite tout d’abord prévenir que ce blog n’a pas pour objet de régler mes comptes avec qui que ce soit. Ce post au ton offensif est donc une exception que j’estime nécessaire co;pte tenu de la situation au Gabon.

Je ne suis pas une oie blanche et en ai rencontré peu au cours de ma carriere. Je sais que les hommes de l’ombre sont par nature ambigus et je ne m’en offusque pas outre mesure.

Mais Robert Bourgi n’est qu’un manipulateur, doublé d’un mythomane et que ses déclarations récentes mettent en danger les interets de la France, et pire de ses ressortissants, au Gabon et en Afrique de l’Ouest.

 Dont acte…

 

Robert Bourgi est un de ces hommes troubles et ambigus dont la Françafrique s’est longtemps délectée.

Homme d’affaires libanais de Dakar, il connaît à merveille les mentalités africaines et européennes, et jouant de sa différence parvient à être crédible sur les deux continents. Les hommes de sa trempe ne devraient l’être nulle part.

Car qui est Robert Bourgi ? Un affairiste sans grande envergure qui parasite depuis vingt ans les réseaux de la diplomatie parallèle française et les présidences africaines, sans jamais être vraiment pris au sérieux.

Oui Bourgi avait ses entrées chez Bongo, Wade ou Sassou-Nguesso. Mais son influence sur ces chefs d’états expérimentés n’a jamais été à la hauteur de ce que l’homme d’affaires assurait a Paris. Il était au mieux un porteur de valises.

A Paris, Robert Bourgi était encore moins pris au sérieux. Des sous-chefs de direction le recevaient bien dans le fol espoir de voir remonter des informations intéressantes ; par habitude Chirac et Villepin le saluaient, mais son rôle s’arrêtait là.

Lui jouait de ces ambiguïtés et assurait à ses interlocuteurs européens qu’il était dans les petits papiers des présidents africains. Et vice versa. Il en a d’ailleurs toujours profité grassement pour faire fructifier ses affaires… mais c’est une autre histoire.

 

Les années passent pour Robert Bourgi entre demi-vérités et mensonges éhontés, jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy soit élu président en 2007, sur un programme dans lequel il préconisait notamment le démantèlement des réseaux de la Françafrique.

Nicolas Sarkozy, sans doute moins prudent que ses prédécesseurs, croit aux histoires que lui raconte Robert Bourgi et le reçoit à plusieurs reprises, lui offrant la légitimité après laquelle il court depuis deux décennies.

Bourgi ne tarde pas à tirer profit de cette confiance et file à Libreville conseiller l’héritier Ali Bongo avec la crédibilité de l’Elysée.

Nicolas Sarkozy l’a-t-il envoyé en mission express ? Certainement pas. Lui a-t-il glissé au hasard d’une discussion que la France n’entraverait pas l’élection d’Ali ? Je n’en suis même pas certain.

Bourgi est parti jouer sa partie et n’a pas pu s’empêcher de glisser cette triste phrase : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur le comprendra ».

Une provocation pour tout gabonais, une insulte pour cette ancienne colonie, voire pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Je pense et j’espère que Robert Bourgi va payer le prix de cette faute et qu’il va bien vite retourner à un anonymat qui lui sied si bien.

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