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Angolagate : Jean-Charles Marchiani, le coupable idéal pour masquer un scandale d’Etat

Un corse à fort accent, copain comme cochon avec Charles Pasqua et ancien des services secrets : Jean-Charles Marchiani a le profil du coupable idéal ! Idéal en tout cas pour masquer un scandale d’Etat…

Et si le procès de l’Angolagate n’était qu’une mascarade, visant à détourner l’attention de la vente d’armes (notamment des mines anti-personnelles) par le gouvernement français à un pays sous embargo de l’ONU ?

 

Le contexte des ventes d’armes à l’Angola

 

Au-delà de la soupe sensationnaliste servie par les média, l’affaire des ventes d’armes à l’Angola remonte au début des années 1990.

Le président angolais Eduardo Dos Santos (toujours en poste aujourd’hui !) fait alors face à une résurgence de la rébellion de l’UNITA, mouvement rebelle un temps soutenu par les Etats-Unis et fondé dès l’indépendance du pays en 1975. L’Angola est à nouveau en état de guerre civile ouverte.

En septembre 1993, les Nations Unies instaurent un embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Angola, dans un effort de retour vers la paix civile, et afin d’éviter les exactions des forces gouvernementales. Dos Santos ne peut plus s’armer « légalement » !

Achat clandestin de matériel soviétique

 

Eduardo Dos Santos n’est pas homme à se laisser arrêter par une vulgaire résolution des Nations unies. On n’est pas président pendant trente ans (arrivé au pouvoir en 1979) d’un pays en guerre par hasard !

A travers un certain nombre de sociétés écrans aux noms exotiques (Brenco International, Sofremi) appartenant à l’homme d’affaires franco-canadien et proche des services français Pierre Falcone, le régime de Luanda parvient de 1993 à 1998 à entrer en possession de stocks de matériel militaire soviétique pour une valeur totale de 790 millions de dollars.

Et ce le plus discrètement du monde, sans qu’aucun gouvernement n’ait officiellement légitimé (ou ait même été averti) de cette vente d’armes colossale.

Voilà pour les faits bruts !

Une version officielle peu crédible qui arrange tout le monde

 

La version officielle est limpide. Pierre Falcone, associé aux deux parrains corses Charles Pasqua et Jean-Charles Marchiani, a organisé un trafic international de ventes d’armes vers l’Angola !

La justice française soupçonne Charles Pasqua d’avoir financé sa campagne européenne avec l’argent de l’Angola. Fort possible ! L’affaire sort de façon très opportune en 2001, quelques mois avant les présidentielles et quelques semaines seulement après que Charles Pasqua ait annoncé son intention de se porter candidat… Ses ennuis judiciaires ne le lui permettront pas et Jacques Chirac sera réélu (les 3 à 5% qu’aurait fait Pasqua auraient éliminé Chirac dès le premier tour et Lionel Jospin aurait été président !!!).

On a tout de même du mal à croire qu’un ministre et deux personnalités proches des services secrets français (pierre Falcone et Jean-Charles Marchiani) se retrouvent (par hasard) dans un trafic d’armes à destination d’un allié précieux de la France, sans que le gouvernement (voire la présidence) n’en soit au moins informé !

Le gouvernement français et Total : marchands d’armes occultes ?

 

Tout a été dit sur l’Angolagate, mais il est impossible de lire le dessous des cartes sans prendre en compte que l’Angola est le deuxième fournisseur de pétrole brut de Total et l’un des premiers fournisseurs de la France.

Les Etats-Unis ont leur dépendance au pétrole saoudien qui les a poussé par le passé à beaucoup de compromissions, puis plus récemment à « rebattre » à leur façon les cartes au Moyen Orient (invasion de l’Irak) ! La France n’est guère mieux lotie avec le problème angolais !

L’Angola lusophone ne fait pas partie du pré carré traditionnel de la France en Afrique, mais la géopolitique a ses raisons… La France, pour sécuriser ses approvisionnements en pétrole, a besoin de stabilité en Angola. Le président Dos Santos n’est certes pas un modèle de démocrate, mais il a l’avantage d’être un partenaire fiable pour Total.

On peut dès lors penser que Dos Santos a su trouver les mots pour que ses « amis français » François Mitterrand, puis rapidement Jacques Chirac, l’aident à contourner l’embargo de l’ONU.

Contrairement aux mensonges de Chirac, l’Elysée était non seulement au courant de ces ventes d’armes, mais selon toute vraisemblance en était le commanditaire ! C’est moche, mais cela s’appelle la Real-politik !

Cette version des faits a été au fil des années reconnue à demi-mot par la quasi-totalité des protagonistes (y compris angolais). Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Jean-Charles Marchiani et Charles Pasqua réclament depuis le début de l’affaire la levée du secret-défense. Pas plus que la lettre envoyée en juin 2008 par le ministre de la défense Hervé Morin, réclamant la fin des poursuites.

Ce qui a commencé comme une manœuvre politicienne de Jacques Chirac pourrait se transformer en bombe à retardement si la réalité du dossier apparaît un jour en pleine lumière. Ce ne sera alors plus aux exécutants tels Jean-Charles Marchiani de comparaître et la justice risque de demander des comptes à l’ancien président pour des faits un peu plus graves que quelques emplois fictifs. Pour rappel, la guerre civile angolaise aurait fait entre 500.000 et 1 million de morts !

 

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