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Archive for the ‘Afrique’ Category

Libye : Sarkozy et le sens de la realpolitik

Certains peuvent s’en offusquer, mais Nicolas Sarkozy a fait preuve d’un sens des réalités politiques indéniables dans sa gestion du cas Kadhafi. Critiqué pour avoir reçu le Guide en grande pompe quand on le croyait indéboulonnable, il n’a pas hésité à lancer une opération militaire pour le déloger à la première fenêtre de tir.

Si Mouammar Kadhafi ressemble aujourd’hui à un vieux satyre fatigué, il ne faut pas oublier que le colonel a été des décennies durant le grand argentier du terrorisme international, et que s’il a beaucoup de sang libyen sur les mains, il a aussi tué des Français. Si son pétrole et son influence en Afrique noire le rendait incontournable, il faut saluer la décision de la France de s’en débarrasser à la première occasion.

Il y a toujours deux attitudes en cas d’intervention étrangère de l’armée française dans un but humanitaire : saluer le courage du choix politique ou se demander pourquoi là et maintenant alors que les occasions de s’indigner ne manquent pas à travers le monde. Les raisons morales ne manquent pas lorsqu’il s’agit d’arrêter la folie meurtrière de Kadhafi.

Mais les raisons morales ne suffisent pas toujours. Et si certains pourront parler de cynisme, le choix de Nicolas Sarkozy de prendre le leadership international ressemble à un coup de génie de realpolitik : avec en arrière fond un accès privilégié au pétrole libyen. Une voie plus intelligente en tout cas que l’invasion américaine en Irak…

Nigeria : les enlèvements font-ils les affaires des pétroliers ?

L’enlèvement de deux ressortissants français au large du Nigeria par un groupe auto-proclamé « révolutionnaire » relève plus du brigandage de grand chemin que d’autre chose. Des bandits plutôt que des révolutionnaires contestant la répartition de la manne pétrolière… Le secteur pétrolier n’y trouve-t-il pas son compte ?

Qu’il s’agisse du MEND ou d’un quelcoque groupuscule se revndiquant « révolutionnaire », les majors pétroliers peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Ces groupes ne cherchent plus depuis belle lurette à modifier la donne pétrolière au Nigeria comme ils le déclarent, mais juste à grapiller là où ils le peuvent quelques milliers de dollars aux compagnies pétrolières.

Une bonne nouvelle pour la vie des otages qui recouvreront la liberté dans quelques jours après le paiement d’une rançon, mais une drole de leçon de morale tout de même dans un monde qui a perdu tous ses repères.

La lutte armée et l’esprit de justice révolutionnaire qui animait les MEND à leur fondation, s’est transformé en un rassemblement de « coupeurs de route » et de bandits de grand chemins.

Et pendant ce temps, les majors pétrolières continuent à piller les ressources du Nigeria et à s’en tirer en versant de temps à autre une piecette à ces groupes armés.

Financer une mafia pour faire taire l’opposition civique à la mainmise sur les ressources d’un pays… Le coup de force des géants du capialisme.

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Jean-Yves Ollivier : businessman et chantre de la diplomatie parallèle

Qui est Jean-Yves Ollivier ? Si le nom de cet homme d’affaires français très présent en Afrique australe n’est pas connu du grand-public, les spécialistes des médiations africaines connaissent son pédigrée et ses interventions. Des dernières années de l’Apartheid au conflit angolais, retour sur l’itinéraire d’un homme d’affaires qui se revendique de la diplomatie parallèle.

Jean-Yves Ollivier est né en 1944, à Alger, de deux parents français. Après ses études, alors qu’il n’a que 20 ans, le jeune homme réalise son premier stage à Londres, chez Strauss Turnbull& Co, société qui gère des mines d’or sud-africaines. Une première expérience africaine qui en appellera d’autres.

A partir des années 1970, Jean-Yves Ollivier se spécialise dans les milieux d’affaires africains et il représentera au cours des années 1980 plusieurs entreprises françaises souhaitant investir en Afrique. Au point de devenir l’un des conseillers Afrique officieux de Jacques Chirac à la mairie de Paris, puis à Matignon.

L’une des spécificités assumée de Jean-Yves Ollivier est d’avoir su nouer au fil des années des liens personnels avec de nombreux chefs d’Etat et responsables politiques africains (Nelson Mandela, Denis SassouNguesso, Jonas Savimbi,…) qui lui ont à la fois permis d’intervenir sur le front diplomatique et de renforcer ses positions d’affaires.

D’un point de vue diplomatique et politique, Jean-Yves Ollivier a notamment été actif dans la libération de Pierre-André Albertini, un coopérant français arrêté en Afrique du Sud en 1986 pour avoir transporté des armes pour le compte de l’ANC. Il est libéré au terme d’un échange de prisonniers rocambolesques entre l’Afrique du Sud, l’Angola et Cuba, mené par Jean-Yves Ollivier.

La même année, l’homme d’affaires français initie dans le désert du Kalahari une rencontre informelle entre Pik « Roelof » Botha, ministre des Affaires étrangères d’Afrique du Sud, JacintoVeloso, ministre mozambicain de la Coopération, « Kito » Rodriguez, ministre angolais de l’Intérieur et Jean-Christophe Mitterrand.

Le but de cette rencontre secrète ? Initier une normalisation des relations entre l’Afrique du Sud et les puissances régionales d’Afrique australe. Une réunion d’ennemis que l’on disait irréconciliables mais qui sera le premier pas vers les accords de Brazzaville, puis vers la fin de l’Apartheid.

C’est au titre notamment de cette intermédiation que Jean-Yves Ollivier a été décoré de l’ordre du Cap de Bonne Espérance (la plus haute distinction d’Afrique du Sud) en 1995 par le président Nelson Mandela. Une distinction qu’il est à ce jour le seul ressortissant français à avoir obtenu.

Tout en poursuivant ses affaires, notamment en Afrique australe, Jean-Yves Ollivier demeure néanmoins impliqué dans la diplomatie parallèle et est l’un des organisateurs de la visite officielle du président angolais Eduardo Dos Santos à Paris en 1994.

Dans les années 2000, il s’implique par ailleurs dans différentes opérations en faveur de la paix comme les discussions de Sun City pour la paix au Congo en 2002.

Robert Bourgi, l’affairiste sorti du caniveau de la Françafrique

Je souhaite tout d’abord prévenir que ce blog n’a pas pour objet de régler mes comptes avec qui que ce soit. Ce post au ton offensif est donc une exception que j’estime nécessaire co;pte tenu de la situation au Gabon.

Je ne suis pas une oie blanche et en ai rencontré peu au cours de ma carriere. Je sais que les hommes de l’ombre sont par nature ambigus et je ne m’en offusque pas outre mesure.

Mais Robert Bourgi n’est qu’un manipulateur, doublé d’un mythomane et que ses déclarations récentes mettent en danger les interets de la France, et pire de ses ressortissants, au Gabon et en Afrique de l’Ouest.

 Dont acte…

 

Robert Bourgi est un de ces hommes troubles et ambigus dont la Françafrique s’est longtemps délectée.

Homme d’affaires libanais de Dakar, il connaît à merveille les mentalités africaines et européennes, et jouant de sa différence parvient à être crédible sur les deux continents. Les hommes de sa trempe ne devraient l’être nulle part.

Car qui est Robert Bourgi ? Un affairiste sans grande envergure qui parasite depuis vingt ans les réseaux de la diplomatie parallèle française et les présidences africaines, sans jamais être vraiment pris au sérieux.

Oui Bourgi avait ses entrées chez Bongo, Wade ou Sassou-Nguesso. Mais son influence sur ces chefs d’états expérimentés n’a jamais été à la hauteur de ce que l’homme d’affaires assurait a Paris. Il était au mieux un porteur de valises.

A Paris, Robert Bourgi était encore moins pris au sérieux. Des sous-chefs de direction le recevaient bien dans le fol espoir de voir remonter des informations intéressantes ; par habitude Chirac et Villepin le saluaient, mais son rôle s’arrêtait là.

Lui jouait de ces ambiguïtés et assurait à ses interlocuteurs européens qu’il était dans les petits papiers des présidents africains. Et vice versa. Il en a d’ailleurs toujours profité grassement pour faire fructifier ses affaires… mais c’est une autre histoire.

 

Les années passent pour Robert Bourgi entre demi-vérités et mensonges éhontés, jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy soit élu président en 2007, sur un programme dans lequel il préconisait notamment le démantèlement des réseaux de la Françafrique.

Nicolas Sarkozy, sans doute moins prudent que ses prédécesseurs, croit aux histoires que lui raconte Robert Bourgi et le reçoit à plusieurs reprises, lui offrant la légitimité après laquelle il court depuis deux décennies.

Bourgi ne tarde pas à tirer profit de cette confiance et file à Libreville conseiller l’héritier Ali Bongo avec la crédibilité de l’Elysée.

Nicolas Sarkozy l’a-t-il envoyé en mission express ? Certainement pas. Lui a-t-il glissé au hasard d’une discussion que la France n’entraverait pas l’élection d’Ali ? Je n’en suis même pas certain.

Bourgi est parti jouer sa partie et n’a pas pu s’empêcher de glisser cette triste phrase : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur le comprendra ».

Une provocation pour tout gabonais, une insulte pour cette ancienne colonie, voire pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Je pense et j’espère que Robert Bourgi va payer le prix de cette faute et qu’il va bien vite retourner à un anonymat qui lui sied si bien.

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Qui est Ali Bongo?

1248732398-ali-ben-bongoLe suspense est désormais largement éventé en ce qui concerne la présidentielle gabonaise. Ali Bongo a remporté son duel face à sa soeur et se rendra dimanche aux scrutin en quasi-président.

L’occasion de revenir sur le très bon portrait qu’en a fait Le Monde et dont je reproduis ici quelques extraits. Un papier qui revient sur le parcours atypique et pourtant tout tracé de ce garcon de famille destiné à succéder à son père:

Sur le tarmac brûlant, sept des fils du président Omar Bongo, vêtus d’un complet anthracite, attendent, ce jeudi 11 juin, le jet rapatriant à Libreville la dépouille mortelle du chef de l’Etat gabonais, décédé à Barcelone. Parmi eux, un homme à la démarche pesante de catcheur s’agite dans la fournaise, téléphone à l’oreille, entre les militaires de toutes les armes qui vont rendre les honneurs.

Quelques hymnes plus tard, Ali Ben Bongo, 50 ans, fils aîné du défunt président, se tiendra au pied de la passerelle, autant dire aux portes du pouvoir. Evoquer la succession du « vieux » ? « Il est trop tôt, c’est indécent. Ce qui nous préoccupe, c’est le recueillement », a seulement déclaré l’intéressé.

Depuis près de vingt ans, son père a favorisé la carrière du seul de ses garçons à être entré en politique, sans jamais en faire explicitement son héritier. Et depuis l’annonce officielle du décès du « doyen de l’Afrique » après quarante et un ans de règne, Ali Ben Bongo, ministre de la défense, semble avoir pris les rênes du Gabon.

Certes, devant les caméras, la présidente du Sénat trône dans le fauteuil doré du président de la République, en vertu de la Constitution. Mais c’est lui qui, à la télévision, a appelé les Gabonais au calme peu après que la nouvelle du décès a été finalement officialisée. Lui qui, dans la foulée, a décrété la fermeture des frontières. Lui le patron de l’armée dont quelques véhicules blindés patrouillent en ville. Lui dont la très probable candidature à la prochaine élection présidentielle agite le pays. Lui enfin que la France cajole discrètement au nom de la stabilité. Au risque de favoriser une succession héréditaire, déjà vue au Togo ou au Congo-Kinshasa, qui révulse nombre de Gabonais.

La France, Ali Ben Bongo y a été formé. Il se prénommait Alain-Bernard, jusqu’à la conversion à l’islam de son père en 1973, au moment du choc pétrolier. Selon sa biographie officielle, il est né en 1959 à Brazzaville (Congo français), où son père était militaire. Envoyé très jeune comme pensionnaire dans un collège protestant des Cévennes, il a poursuivi un cursus des plus classiquement huppés : études secondaires au collège Sainte-Croix de Neuilly-sur-Seine, puis droit à l’université Paris-I (Panthéon-Sorbonne) avant d’intégrer, à Libreville, le cabinet de son père, qui s’est hissé au pouvoir en 1967.

Il n’a que 29 ans lorsque « Papa Bongo » lui offre rien de moins que le ministère des affaires étrangères. Le mur de Berlin vient de tomber et, au Gabon comme ailleurs en Afrique, le régime du parti unique est contesté. En 1990, le gouvernement Rocard envoie les parachutistes rétablir l’ordre et la production pétrolière, après des émeutes.

Ali Ben Bongo devient alors le chef de file des jeunes loups du Parti démocratique gabonais (PDG) présidé par son père. Avec son contemporain André Mba Obame, il affronte les caciques du PDG rétifs à l’habillage pluraliste souhaité par le président Bongo. « Ali s’est battu pour l’ouverture démocratique. Son père nous chargeait de dire à la vieille garde du parti ce qu’il ne pouvait dire lui-même », dit M. Mba Obame, aujourd’hui ministre de l’intérieur, qui affiche un soutien indéfectible à Bongo junior. La carrière éclair de ces deux mousquetaires du régime reflète la volonté du président de leur préparer le plus brillant des avenirs.

En 1991, les deux compères se font éjecter du gouvernement après le vote par les caciques du parti d’une réforme instaurant un âge minimum de 35 ans pour devenir ministre. Les voilà étiquetés « rénovateurs », une appellation qui désigne moins une intention réformiste que l’appartenance à l’une des écuries en selle pour la succession.

Bongo fils et Mba Obame personnifient aujourd’hui la face répressive du régime, celle qui a placé en détention des opposants de la société civile en décembre 2008 et tenté de riposter aux plaintes déposées à Paris contre les « biens mal acquis » par la famille Bongo, en dénonçant une agression française.

Député dans le berceau paternel rebaptisé « Bongoville », Ali Ben Bongo avait reçu un nouveau présent pour ses 40 ans, en 1999 : le très stratégique ministère de la défense. Il ne l’a jamais quitté depuis, choyant les militaires en les équipant totalement de véhicules Mercedes et, à chaque élection, d’uniformes neufs. Pour réaliser cette promotion filiale, Bongo père a été jusqu’à écarter un général, Idriss Ngari, rétrogradé de la défense aux travaux publics, puis à la santé. Il est aujourd’hui l’un des innombrables rivaux d’Ali Ben Bongo au sein même du PDG.

Mais l’irrésistible ascension, jusqu’au firmament présidentiel, de l’enfant gâté surnommé « Baby Zeus », est tout sauf écrite. L’homme, aux allures pataudes, est loin d’avoir hérité du charisme paternel. A la différence du président disparu, il ne maîtrise pas les langues locales. Perçu comme méprisant et peu en phase avec une population largement plongée dans la misère, Ali Ben Bongo représente aussi la perpétuation d’un système opaque et corrompu dont bien des Gabonais se disent las.

« Il ne connaît pas les Gabonais et inversement, reconnaît un de ses proches. Seule la campagne électorale pourra corriger son image. » Aux rumeurs faisant de lui un fils adoptif et non biologique d’Omar Bongo, il a répondu récemment en faisant raconter son accouchement à Patience Dabany, la première épouse d’Omar Bongo, sur les ondes de la télévision nationale.

En 2008, l’enquête sur les « biens mal acquis » révèle qu’il possède un appartement avenue Foch à Paris et deux Ferrari, ce qui ne l’a probablement pas rapproché du peuple. Pas plus que l’article publié en 2007 dans la presse britannique décrivant son ex-femme, Inge, intéressée par l’achat d’une demeure à Hollywood, au prix de 25 millions de dollars.

Pourtant, l’imposant ministre de la défense, aujourd’hui marié à Sylvia Valentin, fille d’un important assureur français de Libreville, a accumulé tant d’atouts politiques qu’il part en pole position dans la course à la succession paternelle. Outre la maîtrise de l’armée et des élections grâce à son ami ministre de l’intérieur, Bongo junior a la haute main sur la mécanique du parti, dont il est l’un des vice-présidents depuis peu. Il préside le conseil supérieur des affaires islamiques et il est réputé proche des pétroliers américains et arabes. Son rendez-vous avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée, en décembre 2008, a été perçu comme un adoubement.

Pour gagner l’élection, dont l’enjeu majeur reste le partage de la manne pétrolière, « Monsieur Fils » devra impérativement disposer du soutien de sa soeur Pascaline, gardienne du trésor des Bongo. Défi politique, la succession du patriarche s’annonce surtout comme un casse-tête patrimonial. Depuis la mort de leur père, Ali et Pascaline affichent ostensiblement une tendresse mutuelle.

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Comment la France a préparé l’après-Bongo

Le patriarche de la la Françafrique Omar Bongo s’est éteint. Le « Vieux » comme le surnommaient affectueusement ses pairs africains était malade de longue date.

Son cancer était un secret de polichinelle que les autorités gabonaises tentaient tant bien que mal de dissimuler au peuple de Libreville, habitué aux absences de leur chef.

Le mal incurable de sa femme Edith, fille du président congolais Denis Sassou-Nguesso, et les prétendues visites qu’Omar Bongo lui rendait au Maroc où elle était hospitalisée, contribuaient à rendre la mystification crédible aux yeux des gabonais.

Mais il n’en allait évidemment pas de même aupres des services de renseignement français qui savaient depuis plus de neuf mois que l’état de santé du président Bongo annonçait sur le moyen terme une succession à haut risque dans ce petit pays pétrolier du Golfe de Guinée dominé sans partage par Omar Bongo depuis 1967.

Francafrique2Et ce n’est pas sans une pointe de crainte que le Quai d’Orsay a commencé à envisager les scénarios possibles. Le Gabon, personnifié depuis plus de quarante ans par Bongo (qui a vu défilé tous les présidents de la Ve République dans son palais rococo de Libreville), ne constitue pas seulement la pièce centrale du dispositif français en Afrique (tant géopolitique que militaire), mais c’est aussi évidemment un pays aux richesses pétrolieres immense, largement controlées par Total.

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Activité de Total au Gabon

Des l’été 2008, l’enjeu est donc de taille pour le président français Nicolas Sarkozy, qui a professé tout au long de la campagne présidentielle qu’il comptait redéfinir les relations entre la France et ses anciennes colonies.

Le système de la Françafrique, mis en place par le Monsieur Afrique du Général De Gaulle Jacques Foccart, savant mélange d’intérêts d’Etat et de bénéfices privés avait pour but but d’assurer le contrôle de la métropole sur ses anciennes colonies tout en protégeant les contrats économiques francais dans ces pays et en s’assurant de leur vote à l’Assemblée des Nations Unies.

Le candidat Nicolas Sarkozy, comme ses predcesseurs, juge le systeme dépassé et malsain. Le président Sarkozy se gardera pourtant bien d’y toucher. Au grand bonheur de Bongo qui le reçoit en grande pompe pour son premier déplacement présidentiel à l’étranger.

Le « Vieux » est donc mourant.Entre le Quai et le bureau Afrique de l’Elysée, on s’agite donc ces derniers mois pour trouver une solution qui assure la pérénité de la relation privilégiée entre la France et le Gabon.

Très vite, deux solutions émergent. Deux options succéssorales incluant chacune un des enfants du président. La fille ainée Pascaline, proche conseillere de son pere, et le second Ali, ministre de la Défense.

Le premier choix des diplomates s’oriente naturellement vers Pascaline, une habituée des couloirs de l’Elysée qu’elle hante depuis sa prime enfance.

Cette femme de 56 ans, fille aînée d’Omar Bongo, est considérée par les diplomates français comme la candidate la plus crédible et la plus expérimentée. Depuis près de vingt ans, elle travaille dans l’ombre de son père à mi-chemin entre l’éminence grise et l’envoyée spéciale. Son tact, son intelligence et son sens politique ont permis au « Vieux » de déminer bien des situations et des malentendus avec le grand frère français.

Mais Pascaline est une femme et les diplomates français comprennent assez vite que ses chances de succéder à son père par les voies du scrutin universel sont minces. On pense aussitôt à utiliser son mari Paul Toungui, ministre des Affaires Etrangères pour faire figure de candidat à la place de Pascaline.

Très vite pourtant, les informations remontant de Libreville, que ce soit de l’ambassade ou d’agents de passage, démontrent que le petit frere Ali ne se laissera pas doubler par sa soeur. Ali fait comprendre à ses interlocuteurs qu’il faudra compter sur lui et qu’il peut se prévaloir du soutien de l’armée.

Le choix de la cellule Afrique de l’Elysée est … de ne pas faire de choix, chose que les diplomates savent faire a la perfection. On ménage des lors les deux candidats qui conviennent finalement assez bien aux intérets de la France.