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Archive for the ‘Guerre’ Category

Libye : Sarkozy et le sens de la realpolitik

Certains peuvent s’en offusquer, mais Nicolas Sarkozy a fait preuve d’un sens des réalités politiques indéniables dans sa gestion du cas Kadhafi. Critiqué pour avoir reçu le Guide en grande pompe quand on le croyait indéboulonnable, il n’a pas hésité à lancer une opération militaire pour le déloger à la première fenêtre de tir.

Si Mouammar Kadhafi ressemble aujourd’hui à un vieux satyre fatigué, il ne faut pas oublier que le colonel a été des décennies durant le grand argentier du terrorisme international, et que s’il a beaucoup de sang libyen sur les mains, il a aussi tué des Français. Si son pétrole et son influence en Afrique noire le rendait incontournable, il faut saluer la décision de la France de s’en débarrasser à la première occasion.

Il y a toujours deux attitudes en cas d’intervention étrangère de l’armée française dans un but humanitaire : saluer le courage du choix politique ou se demander pourquoi là et maintenant alors que les occasions de s’indigner ne manquent pas à travers le monde. Les raisons morales ne manquent pas lorsqu’il s’agit d’arrêter la folie meurtrière de Kadhafi.

Mais les raisons morales ne suffisent pas toujours. Et si certains pourront parler de cynisme, le choix de Nicolas Sarkozy de prendre le leadership international ressemble à un coup de génie de realpolitik : avec en arrière fond un accès privilégié au pétrole libyen. Une voie plus intelligente en tout cas que l’invasion américaine en Irak…

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Américains et Russes parlent dénucléarisation mais évitent les sujets qui fachent

Le président américain Barack Obama et son homologue russe Dimitri Medvedev ont lancé les pourparlers pour l’extension de leur accord de dénucléarisation Start, mais veulent éviter à tout prix de parler des sujets qui fachent, en premier lieu de la question iranienne.

Si les Russes se sont officiellement rangés aux côtés des Américains, Européens et Israéliens pour dénoncer le programme nucléaire iranien, ils ne partagent pas du tout l’empressement des occidentaux à sanctionner la république islamique.

A tel point que Russes et Iraniens discutent actuellement de la vente d’un système russe de défense anti-missile (les fameux S-300 qui auraient disparu en pleine mer). Un sujet qui fache beaucoup du côté de Washington mais dont on évite de parler à l’heure où Barack Obama expose sa doctrine nucléaire assouplie. Il faut en effet afficher un simulacre de détente russo-américaine.

L’objectif pour Obama et l’administration américaine est de péreniser les accords existants et de démontrer qu’une gestion plus souple et limitée des stocks d’ogives nucléaires est possible. Pour ça il faut faire preuve d’unité avec les Russes, deuxième possesseur mondial de ces armes de destruction massive.

Et tant pis s’il faut passer sous silence les divergences de stratégie sur un des dossiers nucléaires les plus brulants. Tant pis si les services secrets américains et israéliens s’offusquent des négociations en cours qui offriront à l’Iran un système de protection anti-missile pour … ses infrastructures nucléaires!

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La diplomatie américaine retournée par Netanyahou

clintonnetanyahouExcusez ce titre un brin provocateur. J’essaye encore une fois d’aborder la question israélo-palestienne avec une vision dépassionnée même si je devine par avance la tonalité de certains commentaires.

Pour moi qui considère la diplomatie comme l’expression la plus crue (en dehors des guerres) des rapports de force entre les nations, je suis vraiment surpris du revirement américain sur la question israélo-palestienne en général et sur le gel des colonisations en particulier.

Depuis l’investiture de Barck Obama, la tonalité  de la diplomatie américaine, en particulier de la part d’Hillary Clinton avait été pour le moins moins conciliante vis à vis d’Israel que l’administration Bush avait pu l’être.

On avait bien senti notamment que la victoire de Benjamin Netanyahou et la victoire de la droite israélienne aux législatives était une mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis qui esperaient relancer le processus de paix.

Une attitude donc assez hostile à Netanyahou et en particulier à l’un de ses thèmes de prédilection, la colonisation.

Comment expliquer alors la tournure de la tournée (désolé pour le jeu de mot) de Clinton au Proche-Orient où elle a embrassé la position du gouvernement israélien et demandé au palestiniens de reprendre les négociations malgré la poursuite de la colonisation? Netanyahou buvait du petit lait à ses côtés!!!

L’argument avancé par les américains n’est pas vraiment convaincant: renouer coute que coute le fil du dialogue. Pas sur que les palestiniens apprécient.

A mon avis c’est surtout l’aveu de l’échec de la politique d’intimidation à l’égard du Likoud. Les américains ont réalisé qu’ils allaient dans le mur en ostracisant (dans les limites du raisonnable tout de même) le gouvernement de Netanyahou.

Peut être est-ce la meilleure solution pour parvenir un jour à une paix même bancale. On peut juste regretter que cette politique de la main tendue n’ait pas été adoptée avec le Hamas, ce qui aurait évité le gachis qu’on observe actuellement et l’abandon scandaleux de la bande de Gaza par la communauté internationale (je ne parle pas ici que de la diimension humanitaire)

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Soldats français tués en Afghanistan : la responsabilité italienne

Les Italiens auraient payé les Talibans pour leur sécurité (sans prévenir leurs alliés de l’OTAN). Les soldats français tués dans une embuscade en août auraient été victimes de cette stratégie et de l’ire des talibans ne voyant plus leur cagnotte tomber.

Une info édifiante mollement démentie par Hervé Morin.

La suite dans l’Express:

On pensait avoir tout entendu sur les raisons, réelles ou supposées, de la mort, le 18 août 2008, de dix soldats français, dans le district de Surobi, en Afghanistan. Cette fois, la polémique vient de Londres: elle implique non pas Paris mais Rome!

Le quotidien britannique The Times affirme ce jeudi que les services secrets italiens auraient payé les insurgés dans ce district pour éviter les attaques. Cette pratique, secrète par nature, n’aurait pas été communiquée aux Français, qui ont pris le relais des Italiens dans la zone le 6 août 2008. Ce qui expliquerait que, douze jours plus tard, une embuscade ait été lancée contre nos soldats, faisant dix morts dans leur rang et plus de 20 blessés.

L’Otan, Rome et Paris ont démenti ces informations « sans fondement ». A Kaboul, cependant, un haut gradé de l’armée afghane, cité par l’AFP sous le couvert de l’anonymat, confirme ces échanges d’argent. Selon lui, « beaucoup de pays » de la coalition agiraient de même. Des affirmations difficilement vérifiables.

En revanche, on sait que les Italiens ne patrouillaient plus dans la partie nord de ce district, notamment dans la vallée d’Uzbin, où sont morts les Français. Le 13 février 2008, environ un mois seulement après leur prise de commandement (tournant avec la Turquie et la France) de la région centre (qui comprend Kaboul et, à l’est, le district de Surobi) les forces transalpines avaient également subi une embuscade, qui s’était soldée par la mort d’un officier, le sous-lieutenant Francesco Pezzulo, et d’un blessé.

Les Italiens ne s’éloignaient plus de leur base avancée

Le drame avait douché leurs velléités. « Les Italiens ne s’éloignaient plus de la base avancée de Tora, ils n’avaient plus le droit de dépasser le barrage de Surobi », souligne un officier français.

A défaut de pouvoir mener des opérations militaires, le bataillon italien se lance dans une importante action de coopération civilo-militaire (CIMIC dans le jargon de l’Otan). En clair, les militaires financent des projets locaux d’infrastructures qui servent à développer une petite économie locale et, surtout, à faire accepter leur présence par la population. Les Italiens ont considérablement investi dans les secteurs qu’ils contrôlent, à l’ouest de Kaboul comme en Surobi.

« Il est probable que des potentats locaux en ont profité pour s’en mettre dans la poche », glisse un bon connaisseur de l’Afghanistan. Ils font aussi quelques promesses. Dans la vallée de Tizin, dans le sud du district de Surobi, par exemple, un secteur moins difficile que celui d’Uzbin, les villageois réclament la réalisation d’une pompe hydraulique. « Les Français la fabriqueront », laissent-ils entendre…

Mais lorsque la France prend le commandement du district de Surobi, en août 2008, les Afghans constatent le changement. « On a senti que les responsables locaux étaient un peu déçus, car nous n’avions ni la même approche, ni les mêmes moyens », souligne un gradé français.

C’est alors la deuxième fois que Paris contrôle la zone. Pourtant, sa connaissance du secteur est limitée. Entre 2006 et 2007, en effet, les soldats n’avaient guère été plus loin que les Italiens. « On n’avait dépassé le 35e parallèle qu’une seule fois, raconte un militaire. Au-delà, on savait que c’était pourri. »

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La France sur le point de vendre à la Russie « l’arme fatale » contre la Géorgie

On a beau etre le pays des droits de l’homme, les affaires sont les affaires et le gouvernement francais s’apprete à vendre a la Russie de Poutine et Medvedev l’un de ses navires les plus sophistiqués.

Un porte-helicoptère et transport de troupe à l’efficacité et à la polyvalence remarquable qui vous permet de mater une rebellion ou la revolte d’un petit état satellite en un rien de temps.

« Ce bâtiment aurait permis à la flotte de la mer Noire d’accomplir sa mission en 40 minutes au lieu de 26 heures« , s’est notamment réjoui le commandant en chef de la marine russe, l’amiral Vladimir Vyssotski.

Pas de quoi donner des sueurs froides à l’Elysée qui a amicalement conseillé à ses amis russes d’acquérir ce petit bijou de technologie.

Mais voila, il y a comme un petit malaise au sein de la communauté internationale et notamment chez nos alliés de l’OTAN, américains en tete.

Comment faire pression efficacement sur la Russie si dans le meme temps on leur vend le matériel susceptible d’accentuer encore leur hégémonie régionale.

Notre cher président devra en répondre sous peu…

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Le mystère du cargo russe : la piste israélienne

ARCTIC-SEA-FINLAND-001Un cargo battant pavillon russe et transportant officiellement une cargaison de bois d’une valeur d’un million de dollars (une goutte d’eau dans la mer en terme de fret), disparait mystérieusement au large de la Scandinavie en plein coeur de l’ete.

Le navire a été détourné au beau milieu du corridor maritime le plus emprunté au monde. La hardiesse des pirates surprend, mais leurs motivations restent floues pendant de longues semaines.

Près de trois mois après les évenements, la piste d’une intervention des services secrets israéliens pour éviter la livraison secrète de missiles a l’Iran, prend de la consistance.

Des pirates ultra professionnels et une marine russe étrangement réactive

L’Arctic Sea navigait au large de la Scandinavie, lorsque des pirates sont montés à bord et ont pris le controle du navire.

Bien loin de l’amateurisme de leurs confrères somaliens, le commando maitrise l’equipage sans effusion de sang et met immédiatement hors d’usage la balise GPS permettant de localiser à tout moment le cargo.

Les médias font état de « l’étrange disparition » du cargo russe quelques jours après les évenements, sans qu’on ne sache encore ce qu’il est advenu du navire.

Les autorités russes mettent moins de temps a réagir et envoient immédiatement une frégate dernière génération intercepter le navire. A posteriori, on peut s’étonner de la mise à disposition de tels moyens aussi vite pour un cargo à très faible valeur marchande et sans valeur stratégique.

Le 16 aout, l’Arctic Sea est officiellement libéré par la frégate Ladni. End of the story??? Pas tout à fait.

 

Visite secrète de Netanyahou à Moscou

La théorie d’un acte de piraterie classique, évoqué par les autorités russes dès le débrieffing des membres d’équipage et des huit pirates interpellés à bord est tout de suite contestée.

Trop de mystère et la pire zone maritime pour faire du grand banditisme! Il fallait de toute évidence une très bonne raison pour lancer une offensive sur un bateau de ce type et le long de cette voie. Il fallait vraisemblablement que les pirates veuillent attaquer ce navire et pas un autre. Et par consequent, la cargaison réelle du navire ne devait pas se constituer exclusivement de rondins de bois.

Les observateurs en restent là de leurs réflexions jusqu’a ce que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ne se rende secrètement à Moscou. Les autorités russes fuitent immédiatement la nouvelle de cette visite au grand dam des israéliens.

 

Une cargaison de missiles S300 vers l’Iran

Lentement, le fin mot de l’histoire se fait jour. L’Arctic Sea convoyait clandestinement des missiles S300, les missiles sol-air les plus sophistiqués de l’arsenal russe, à destination de l’Iran, pourtant sous embargo militaire. La plaisanterie n’est pas du tout du gout d’Israel.

Benjamin Netanyahou est parti discuter de deux choses avec Dimitri Medvedev (ou Vladimir Poutine). La premiere, c’est la libération des huit preneurs d’otage, qui sont … huit agents du Mossad. Fin de non-recevoir de la partie russe qui n’a guère appreciée l’humiliation subie et les méthodes israéliennes.

La deuxième chose est à la fois un avertissement et une menace. Israel ne se privera pas si nécessaire de lancer des attaques aériennes contre les installations nucléaires iraniennes.

Il se trouve que les S300 russes sont susceptibles de causer de grosses pertes à l’aviation israélienne et éventuellement de compromettre une opération que les stratèges israéliens jugent vitales pour Israel.

Benjamin Netanyahou invite donc le président russe à interrompre ce type de livraisons et le prévient que son gouvernement est pret à réitérer ce genre d’opérations autant que cela sera nécessaire.

On imagine la tension entre les deux pays. En tout cas, l’effet est réussi et après les fessées recues par le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza, les Israéliens sont parvenus à démontrer qu’il faut à nouveau compter sur eux et qu’ils ne respecteraient aucune règle lorsqu’il s’agira d’assurer leur sécurité.

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Afghanistan : le « coup de sabre » des américains pour décapiter les Talibans

AFGHANISTAN-UNREST-US-KHANJARL’administration Obama, qu’on qualifiait poétiquement de « colombe » en contraste avec les « faucons » de l’ère Bush, a décidé de passer a l’offensive en Afghanistan et d’y mettre les grands moyens.

afghan_otanEn tant que citoyen d’un pays dont les soldats sont engagés dans le bourbier afghan, je ne peux que me satisfaire que pour une fois on ne privilégie pas les demi-moyens et les expédiants.

Mais ne nous trompons pas non plus sur la portée de cette offensive qui ne pourra éradiquer la menace talibane. L’objectif caché de cet assaut est bel et bien d’affaiblir fortement et durablement les talibans et leur couper les voies vers les champs d’opium qui financent leur guerre.

Si le général Petraeus (le véritable artisan de cette offensive plutot qu’Obama ou Robert Gates), admirable homme de guerre respecté de ses hommes et de ses ennemis, envoie 4’000 boys au combat, avec la certitude d’avoir des pertes humaines, c’est dans l’espoir d’affaiblir durablement les talibans et de pacifier un minimum le pays a l’orée de l’élection présidentielle de l’automne.

Saluons ce choix ambitieux et courageux qui à terme sauvera des vies, y compris celles de nos soldats

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