Mikhail Khodorkovsky pas prêt de quitter son goulag

L’ancien homme le plus riche de Russie, Mikhail Khodorkovsky, n’est pas prêt de quitter son goulag sibérien. Officiellement emprisonné pour corruption, l’oligarque paie en réalité ses ambitions politiques. Les récentes déclarations de Vladimir Poutine ne laissent pas de place au doute.

Mikhail Khodorkovsky, qui purge depuis 2003 une peine de huit ans de prison pour corruption n’est pas prêt de revoir Moscou.

Après l’organisation ubuesque d’un nouveau procès pour lequel il risque plus de 20 ans de prison, Vladimir Poutine en a rajouté une couche en l’accusant d’avoir commandité au moins cinq meurtres.

Mikhail Khodorkovsky est officiellement accusé de corruption, mais les véritables raisons de son incarcération sont à chercher dans sa rivalité  avec Vladimir Poutine. Il a payé de sa liberté sa volonté de contester le pouvoir du nouveau tsar russe au début des années 2000.

Au sommet de sa gloire, Mikhail Khodorkovsky était l’homme le plus riche de Russie. Yukos, son bébé, était le premier groupe industriel russe. Comme les autres oligarques de la période post-soviétique, Khodorkovsky a fait sa fortune sur les ruines fumantes de l’économie étatique soviétique.

Dans les privatisations qui ont suivi l’arrivée au pouvoir de Boris Eltsine, Yukos s’est taillé la part du lion (avec les pratiques de l’époque). Mais bien conscient qu’en Russie le Kremlin conservait les clés du pouvoir économique, Mikhail Khodorkovsky ne comptait pas en rester là et  il s’est révé un destin présidentiel.

Erreur de timing. Il s’est heurté à la montée en puissance de Vladimir Poutine.  L’ancien patron du KGB a profité de l’occasion pour asseoir son pouvoir et faire un exemple.

A la différence de l’ère eltsinienne, les oligarques poutiniens devraient faire acte d’allégeance et se contenter de faire du business. L’exemple a d’ailleurs parfaitement fonctionné et les hommes d’affaires russes ont sagement remis au placard leurs ambitions politiques.

S’en est suivi pour Mikhail Khodorkovsky un procès stalinien et un emprisonnement en Sibérie qui dure depuis six ans. Les récentes déclarations de Vladimir Poutine qui accuse désormais Mikhail Khodorkovsky d’avoir commandité des meurtres, sont là pour faire comprendre à l’opinion publique internationale que la libération de Mikhail Khodorkovsky n’est pas une option envisageable.

Sarkophobie : ça se soigne docteur ?

Le mouvement de rejet et de haine qui se cristallise autour de Nicolas Sarkozy dépasse le simple cadre d’une contestation politique pourtant légitime et nécessaire en démocratie. La Sarkophobie pollue le débat politique français et permet in fine d’occulter les échecs du gouvernement.

Les attaques ad-hominem pleuvent sur Nicolas Sarkozy depuis son élection en 2007. Le « nabot » ou le « nain » est un véritable « nazi » ou au mieux un « collabo » que l’on moque pour son attrait de « nouveau riche » pour les Rollex et les stylos de luxe.

On n’hésite pas non plus à s’en prendre à sa femme, ses enfants, ses parents… Comme si tout devenait vraiment possible avec Nicolas Sarkozy et que les règles d’un débat politique civilisé n’avaient plus lieu d’être face à un adversaire si épouvantable.

En leurs temps, François Mitterrand et Jacques Chirac avaient aussi été la cible d’attaques violentes. Des attaques qui portaient toutefois sur leurs actions politiques et non leur vie privée.

Francisque, écoutes téléphoniques, pour Mitterrand. Emplois fictifs et financement du RPR pour Jacques Chirac. Les « affaires » pleuvaient déjà à grosses gouttes mais il ne serait venu à l’esprit de personne de s’en prendre à la taille (et fille cachée) de l’un ou à l’esprit de clan de l’autre (à force de vilipender Jean Sarkozy, on en oublie le rôle joué par Claude Chirac auprès de son père…).

Détestés ou adorés, les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy étaient respectés. L’actuel président est au mieux moqué, le plus souvent insulté. Il porte évidemment une partie de la responsabilité de cette situation : du yacht de Bolloré aux photos people aux côtés de Cécilia (puis de Carla), le Sarkoshow a contribué à désacraliser la fonction présidentielle.

Mais les médias et nous, simples citoyens et observateurs, sommes également co-responsables de cette dérive, brillamment analysée par le journaliste Benoît Rayski dans son excellent livre « L’homme que vous aimez haïr ».

« La haine est une plaie de l’esprit, quelque chose de paranoïaque qui s’entoure de rationalité », écrit le journaliste dans un ouvrage décryptant le phénomène de la Sarkophobie et en dénonçant des procédés basés sur la haine plutôt que la raison et l’opposition politique.

« Partout où Sarkozy va, il porte une crécelle à la main. Comme les lépreux au Moyen Âge. (…) Mais avec une différence de taille : la crécelle de Sarkozy fait bling, bling… Et contrairement à celle des lépreux, elle rameute la foule, la populace et la plèbe. Et Sarkozy est houspillé, hué, injurié. Car il ne fait pas peur… », explique le journaliste.

Selon lui, le niveau de haine à l’égard du chef de l’Etat est sans comparaison depuis l’entre-deux guerres, lorsque la presse d’extrême droite traînait dans la boue Mendès-France, Blum et Mandel, délaissant la politique pour s’attaquer aux hommes.

On peut d’ailleurs aller plus loin que Benoît Rayski. La Sarkophobie est non seulement une « plaie de l’esprit », mais c’est aussi et surtout un écran de fumée dans lequel se drape la majorité pour éviter d’avoir à répondre sur le fond de ses orientations politiques et l’opposition pour masquer la faiblesse de ses propositions.

Il existerait tellement de raisons valables de s’opposer à la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement, que le flot de bile continuellement déversé sur le chef de l’Etat n’a qu’une seule et unique conséquence : affaiblir par l’outrance de telles attaques personnelles toute opposition politique rationnelle.

Le petit manège politique tourne sans arrêt depuis près de dix ans autour de Nicolas Sarkozy et les attaques des médias mais aussi des responsables de gauche n’ont pour tout effet que de l’alimenter… et de bâtir un garde-fou autour du président en vue de 2012.

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Le duopole Airbus-Boeing attaqué par la Chine

La Chine s’invite au jeu de l’aviation commerciale et espère concurrencer le duopole Airbus-Boeing à horizon 2025. Le lancement de la commercialisation du premier moyen-courrier chinois, le C919, fait peser la première menace sérieuse pour les meilleurs ennemis du monde de l’aéronautique.

La Comac, l’entreprise d’état chinoise d’aéronautique, a reçu les premières commandes pour son C919, un moyen-courrier inspiré de l’Airbus 320 et du Boeing 337, dont les premiers exemplaires doivent être livrés en 2016.

Selon des responsables chinois, des centaines de commandes de l’avion ont déjà été prises, essentiellement auprès de compagnies aériennes chinoises.

Le plan de bataille de la Comac pour concquérir le monde de l’aviation passe en effet par une phase initiale consacrée au marché intérieur de l’Empire du Milieu.

De quoi rassurer Boeing et Airbus ? Pas vraiment… Car le marché intérieur chinois n’est que la première pierre des ambitions industrielles de la Comac qui pourra ensuite mettre progressivement sur le marché des avions compétitifs et plus modernes que ses rivaux directs.

Peu sont ceux qui doutent aujourd’hui de la capacité de la Chine et de la Comac de venir à terme dans le jardin du duopole. La question est de savoir quand… Et sur ce point les analystes américains et européens se veulent confiants et tablent sur une arrivée massive d’avions chinois à l’horizon 2045-2050.

Optimisme de façade ou vrai discours commercial ?

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Nigeria : les enlèvements font-ils les affaires des pétroliers ?

L’enlèvement de deux ressortissants français au large du Nigeria par un groupe auto-proclamé « révolutionnaire » relève plus du brigandage de grand chemin que d’autre chose. Des bandits plutôt que des révolutionnaires contestant la répartition de la manne pétrolière… Le secteur pétrolier n’y trouve-t-il pas son compte ?

Qu’il s’agisse du MEND ou d’un quelcoque groupuscule se revndiquant « révolutionnaire », les majors pétroliers peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Ces groupes ne cherchent plus depuis belle lurette à modifier la donne pétrolière au Nigeria comme ils le déclarent, mais juste à grapiller là où ils le peuvent quelques milliers de dollars aux compagnies pétrolières.

Une bonne nouvelle pour la vie des otages qui recouvreront la liberté dans quelques jours après le paiement d’une rançon, mais une drole de leçon de morale tout de même dans un monde qui a perdu tous ses repères.

La lutte armée et l’esprit de justice révolutionnaire qui animait les MEND à leur fondation, s’est transformé en un rassemblement de « coupeurs de route » et de bandits de grand chemins.

Et pendant ce temps, les majors pétrolières continuent à piller les ressources du Nigeria et à s’en tirer en versant de temps à autre une piecette à ces groupes armés.

Financer une mafia pour faire taire l’opposition civique à la mainmise sur les ressources d’un pays… Le coup de force des géants du capialisme.

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USA : les femmes prennent le pouvoir… et sont pires que les hommes

Vous avez aimé Sarah Palin, la « Maman Grizzly » de l’Alaska qui avait réussi à prendre le parti républicain par la droite ? Vous adorerez la génération spontanée de conservatrices qui montent en puissance aux Etats-Unis.

Le mouvement Tea Party est en train de changer la donne de la vie politique américaine, faisant passer les « faucons » de l’ère Bush pour de gentils centristes.

Sous l’influence de Sarah Palin, une petite dizaine de politiciennes issues des Tea Party est en train de bousculer la façon de faire de la politique outre-atlantique.

Christine O’Donell. Michele Bachman. Sharron Angle. Nikky Haley. Ces noms sont inconnus en France mais donnent des sueurs froides aux analystes politiques démocrates comme républicains.

Ce qui unit ces femmes sur le fond : un attachement hystérique aux valeurs chrétiennes de l’Amérique, une islamophbie à fleur de peau et la dénonciation de la politique « socialiste » de Barack Obama.

Mais les vrais point communs de ces femmes politiques sont à chercher dans le style. Elles ont la quarantaine, sont mères de famille, plutôt sexy… et font de leur féminité une arme.

Une arme notamment pour attaquer leurs opposants masculins qu’elles accusent, non pas de sexisme comme cela se fait généralement en politique, mais d’être des mauviettes sans poigne.

Les « mamans grizzly » du Tea Party prennent le parti républicain par sa droite avec des positions radicales (notamment sur les sujets de société) et laissent leurs adversaires impuissants en s’en prenant à leur virilité… Tès fort!!!

Tarnac : les terroristes idéaux contre les grèves

Puisque ça fait un mois que le gouvernement vous dit que les syndicalistes et autres manifestants sont des néo-terroristes qui « prennent en otage » le pays… Le rejet de la demande d’annulation de l’enquête sur les pseudos-terroristes d’extrême-gauche tombe à pic pour pointer du doigt l’ennemi de l’intérieur.

Malgré des fait troublants autour de l’enquête, on ne se faisait guère d’illusion sur la conclusion de la démarche du groupe de Tarnac visant à l’annulation d’une enquête gag.

Des éléments fins comme du papier à cigarette n’auront pas eu raison d’une volonté politique farouche de faire porter le chapeau aux méchants gauchistes corréziens.

Il faut dire que la décision tombe bien pour le gouvernement, empêtré dans un mouvement social qui se radicalise, et qui aimerait bien faire de Julien Coupat et de ses petits camarades, les épouvantails de la lutte sociale.

Le message est limpide. Les syndicalistes qui « bloquent » les dépôts pétroliers et « paralysent » la France sont idéologiquement proche de ces « terroristes » qui n’ont du reste jamais terrorisé personne…

Une décision de justice qui tombe décidemment très bien au moment où le gouvernement tente de reprendre la main en tablant sur l’usure du mouvement de contestation et la lassitude des Français face au pourrissement de la situation.

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Jean-Yves Ollivier : businessman et chantre de la diplomatie parallèle

Qui est Jean-Yves Ollivier ? Si le nom de cet homme d’affaires français très présent en Afrique australe n’est pas connu du grand-public, les spécialistes des médiations africaines connaissent son pédigrée et ses interventions. Des dernières années de l’Apartheid au conflit angolais, retour sur l’itinéraire d’un homme d’affaires qui se revendique de la diplomatie parallèle.

Jean-Yves Ollivier est né en 1944, à Alger, de deux parents français. Après ses études, alors qu’il n’a que 20 ans, le jeune homme réalise son premier stage à Londres, chez Strauss Turnbull& Co, société qui gère des mines d’or sud-africaines. Une première expérience africaine qui en appellera d’autres.

A partir des années 1970, Jean-Yves Ollivier se spécialise dans les milieux d’affaires africains et il représentera au cours des années 1980 plusieurs entreprises françaises souhaitant investir en Afrique. Au point de devenir l’un des conseillers Afrique officieux de Jacques Chirac à la mairie de Paris, puis à Matignon.

L’une des spécificités assumée de Jean-Yves Ollivier est d’avoir su nouer au fil des années des liens personnels avec de nombreux chefs d’Etat et responsables politiques africains (Nelson Mandela, Denis SassouNguesso, Jonas Savimbi,…) qui lui ont à la fois permis d’intervenir sur le front diplomatique et de renforcer ses positions d’affaires.

D’un point de vue diplomatique et politique, Jean-Yves Ollivier a notamment été actif dans la libération de Pierre-André Albertini, un coopérant français arrêté en Afrique du Sud en 1986 pour avoir transporté des armes pour le compte de l’ANC. Il est libéré au terme d’un échange de prisonniers rocambolesques entre l’Afrique du Sud, l’Angola et Cuba, mené par Jean-Yves Ollivier.

La même année, l’homme d’affaires français initie dans le désert du Kalahari une rencontre informelle entre Pik « Roelof » Botha, ministre des Affaires étrangères d’Afrique du Sud, JacintoVeloso, ministre mozambicain de la Coopération, « Kito » Rodriguez, ministre angolais de l’Intérieur et Jean-Christophe Mitterrand.

Le but de cette rencontre secrète ? Initier une normalisation des relations entre l’Afrique du Sud et les puissances régionales d’Afrique australe. Une réunion d’ennemis que l’on disait irréconciliables mais qui sera le premier pas vers les accords de Brazzaville, puis vers la fin de l’Apartheid.

C’est au titre notamment de cette intermédiation que Jean-Yves Ollivier a été décoré de l’ordre du Cap de Bonne Espérance (la plus haute distinction d’Afrique du Sud) en 1995 par le président Nelson Mandela. Une distinction qu’il est à ce jour le seul ressortissant français à avoir obtenu.

Tout en poursuivant ses affaires, notamment en Afrique australe, Jean-Yves Ollivier demeure néanmoins impliqué dans la diplomatie parallèle et est l’un des organisateurs de la visite officielle du président angolais Eduardo Dos Santos à Paris en 1994.

Dans les années 2000, il s’implique par ailleurs dans différentes opérations en faveur de la paix comme les discussions de Sun City pour la paix au Congo en 2002.