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Libye : Sarkozy et le sens de la realpolitik

Certains peuvent s’en offusquer, mais Nicolas Sarkozy a fait preuve d’un sens des réalités politiques indéniables dans sa gestion du cas Kadhafi. Critiqué pour avoir reçu le Guide en grande pompe quand on le croyait indéboulonnable, il n’a pas hésité à lancer une opération militaire pour le déloger à la première fenêtre de tir.

Si Mouammar Kadhafi ressemble aujourd’hui à un vieux satyre fatigué, il ne faut pas oublier que le colonel a été des décennies durant le grand argentier du terrorisme international, et que s’il a beaucoup de sang libyen sur les mains, il a aussi tué des Français. Si son pétrole et son influence en Afrique noire le rendait incontournable, il faut saluer la décision de la France de s’en débarrasser à la première occasion.

Il y a toujours deux attitudes en cas d’intervention étrangère de l’armée française dans un but humanitaire : saluer le courage du choix politique ou se demander pourquoi là et maintenant alors que les occasions de s’indigner ne manquent pas à travers le monde. Les raisons morales ne manquent pas lorsqu’il s’agit d’arrêter la folie meurtrière de Kadhafi.

Mais les raisons morales ne suffisent pas toujours. Et si certains pourront parler de cynisme, le choix de Nicolas Sarkozy de prendre le leadership international ressemble à un coup de génie de realpolitik : avec en arrière fond un accès privilégié au pétrole libyen. Une voie plus intelligente en tout cas que l’invasion américaine en Irak…

DSK : les théories du complot ne tiennent pas la route

Plus de la moitié des Français (57%) sont convaincus que l’inculpation de Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol est une conspiration. Pourtant, passé le choc initial, les théories du complot ne tiennent pas la route. Petite enquête.

Commençons notre enquête avec le « usual suspect » des médias et de l’opinion publique française : Nicolas Sarkozy. A force de coups d’esbrouffe, le président a fini par donner le tournis aux Français qui voient volontiers sa main derrière tout ce qui se passe…

Sarkozy pouvait-il préparer un « honey trap » (piège sexuel) à DSK, dont la faiblesse sur la chose était de notoriété publique ? En jouant la carte du machiavélisme absolu, dont au passage rien n’indique que Sarko en soit capable même si nous nous évertuons à en faire un nouvel antéchrist,  l’opération n’aurait pas été facile à monter.

Il fallait un réseau de renseignement considérable pour connaitre les dates de passage de DSK,  à New York, son hôtel, son numéro de chambre, mais aussi son emploi du temps. Il fallait en outre (et c’est encore une autre paire de manches) bénéficier de complicités internes en la personne de la « victime », qui aurait mise en scène le crime. Pour plus de crédibilité, cette dernière travaillait depuis trois ans dans cet établissement !

Une complexité qui n’est envisageable qu’avec un scénario à la James Bond et qui aurait nécessité (si jamais il était possible à exécuter) l’intervention des services secrets. Qui peut croire que des agents de la DST ou de la DGSE, dont les opinions politiques vont de l’extrême-droite  l’extrême-gauche, pourraient être envoyés dans une mission pour éliminer le candidat pour lequel certains d’entre eux comptaient voter ? Sans parler du fait que ces méthodes ne sont pas dans la culture du renseignement français.

Culture du renseignement ? Justement, certaines puissances (les Russes ou les Chinois pour ne citer qu’eux) n’ont pas les scrupules français en matière de déstabilisation… et disposent d’un savoir-faire en la matière. Certains pays pouvaient-ils en vouloir à DSK pour sa gestion du FMI ? Voulaient-ils s’en débarrasser ?

Pourquoi pas… Sauf que Dominique Strauss-Kahn s’apprêtait à démissionner dans les semaines à venir et qu’il n’y avait aucune justification à monter une opération aussi lourde pour un directeur quasi-démissionnaire.

Reste donc François Hollande, celui qui de toute évidence est le premier à bénéficier du crime !!! Mais est-ce vraiment la peine de creuser cette voie et à chercher à disculper le député de Corrèze qui pour tout appât aurait pu envoyer Bernadette Chirac ?

En réalité, et même si ça fait mal aux socialistes de le reconnaitre, la version la plus vraisemblable demeure celle de la police de New York : une sordide affaire de moeurs.

Sarkophobie : ça se soigne docteur ?

Le mouvement de rejet et de haine qui se cristallise autour de Nicolas Sarkozy dépasse le simple cadre d’une contestation politique pourtant légitime et nécessaire en démocratie. La Sarkophobie pollue le débat politique français et permet in fine d’occulter les échecs du gouvernement.

Les attaques ad-hominem pleuvent sur Nicolas Sarkozy depuis son élection en 2007. Le « nabot » ou le « nain » est un véritable « nazi » ou au mieux un « collabo » que l’on moque pour son attrait de « nouveau riche » pour les Rollex et les stylos de luxe.

On n’hésite pas non plus à s’en prendre à sa femme, ses enfants, ses parents… Comme si tout devenait vraiment possible avec Nicolas Sarkozy et que les règles d’un débat politique civilisé n’avaient plus lieu d’être face à un adversaire si épouvantable.

En leurs temps, François Mitterrand et Jacques Chirac avaient aussi été la cible d’attaques violentes. Des attaques qui portaient toutefois sur leurs actions politiques et non leur vie privée.

Francisque, écoutes téléphoniques, pour Mitterrand. Emplois fictifs et financement du RPR pour Jacques Chirac. Les « affaires » pleuvaient déjà à grosses gouttes mais il ne serait venu à l’esprit de personne de s’en prendre à la taille (et fille cachée) de l’un ou à l’esprit de clan de l’autre (à force de vilipender Jean Sarkozy, on en oublie le rôle joué par Claude Chirac auprès de son père…).

Détestés ou adorés, les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy étaient respectés. L’actuel président est au mieux moqué, le plus souvent insulté. Il porte évidemment une partie de la responsabilité de cette situation : du yacht de Bolloré aux photos people aux côtés de Cécilia (puis de Carla), le Sarkoshow a contribué à désacraliser la fonction présidentielle.

Mais les médias et nous, simples citoyens et observateurs, sommes également co-responsables de cette dérive, brillamment analysée par le journaliste Benoît Rayski dans son excellent livre « L’homme que vous aimez haïr ».

« La haine est une plaie de l’esprit, quelque chose de paranoïaque qui s’entoure de rationalité », écrit le journaliste dans un ouvrage décryptant le phénomène de la Sarkophobie et en dénonçant des procédés basés sur la haine plutôt que la raison et l’opposition politique.

« Partout où Sarkozy va, il porte une crécelle à la main. Comme les lépreux au Moyen Âge. (…) Mais avec une différence de taille : la crécelle de Sarkozy fait bling, bling… Et contrairement à celle des lépreux, elle rameute la foule, la populace et la plèbe. Et Sarkozy est houspillé, hué, injurié. Car il ne fait pas peur… », explique le journaliste.

Selon lui, le niveau de haine à l’égard du chef de l’Etat est sans comparaison depuis l’entre-deux guerres, lorsque la presse d’extrême droite traînait dans la boue Mendès-France, Blum et Mandel, délaissant la politique pour s’attaquer aux hommes.

On peut d’ailleurs aller plus loin que Benoît Rayski. La Sarkophobie est non seulement une « plaie de l’esprit », mais c’est aussi et surtout un écran de fumée dans lequel se drape la majorité pour éviter d’avoir à répondre sur le fond de ses orientations politiques et l’opposition pour masquer la faiblesse de ses propositions.

Il existerait tellement de raisons valables de s’opposer à la politique de Nicolas Sarkozy et du gouvernement, que le flot de bile continuellement déversé sur le chef de l’Etat n’a qu’une seule et unique conséquence : affaiblir par l’outrance de telles attaques personnelles toute opposition politique rationnelle.

Le petit manège politique tourne sans arrêt depuis près de dix ans autour de Nicolas Sarkozy et les attaques des médias mais aussi des responsables de gauche n’ont pour tout effet que de l’alimenter… et de bâtir un garde-fou autour du président en vue de 2012.

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Si l’amour réchauffe, Sarkozy va passer l’été au frais !

La côte de popularité de Nicolas Sarkozy est encore descendue au mois de juin et Sarko doit secrètement rêver de la trève estivale pour se refaire la cerise.

Ci-dessous les principales données du baromètre mensuel TNS :

Une baisse de confiance qui touche avant tout le Président et le Premier ministre, dont le niveau d’impopularité bat un nouveau record.

Nicolas Sarkozy et François Fillon atteignent tous les deux leur record d’impopularité en perdant chacun 2 points : la cote de confiance du Président s’établit à 26% et celle du Premier ministre à 35%.

Leur cote est équivalente chez les sympathisants UMP (80%), mais celle de Nicolas Sarkozy est bien inférieure chez les sympathisants FN : 18% pour le Président (86% en juin 2007) et 35% pour le Premier ministre (54% en juin 2007).

Pour mémoire, le plus mauvais score obtenu par un Président est détenu par Jacques Chirac, au cours de son second mandat en juillet 2006 après la crise du CPE (16%).

Mais qui touche également les personnalités politiques de droite et de gauche

La quasi-totalité des 37 personnalités testées dans notre baromètre voient leur cote d’avenir diminuer, qu’ils soient de droite comme de gauche.

Certes l’affaire Woerth-Bettencourt semble avoir un effet, en tout cas sur le principal intéressé (-2 points à 16%). Mais c’est surtout l’accumulation des différents scandales (l’affaire Boutin suivie de la polémique sur le cumul des rémunérations des députés et ministres, mais aussi l’affaire des cigares de Christian Blanc), et cela au moment même où l’on demande des efforts aux Français en matière de retraites, qui semble rejaillir sur l’ensemble de la classe politique. Dans ce contexte, il n’est pas sûr que l’annulation de la garden party élyséenne et la réduction du train de vie de l’Etat – annoncés après le terrain de notre enquête – puissent apaiser le courroux des Français.

Dans le détail, et pour ne citer que les plus fortes baisses à droite et au gouvernement : Kouchner (-7 points à 32%), Hortefeux (-4 à 15%), Chatel (-4 à 12%), Yade (-3 points à 36%), Pécresse (-3 à 18%), Besson (-3 à 15%).

A gauche, les plus fortes chutes concernent : Cohn-Bendit (–5 à 26%), DSK (-4 à 43%), Delanoë (-4 à 36%), Hollande (-4 à 26%), Besancenot (-3 à 28%), Duflot (-3 à 17%), Valls (-3 à 15%).

Dans ce contexte, Marine Le Pen gagne à l’inverse 3 points de cote d’avenir

Les quelques personnalités qui voient leur cote monter ne s’en font que plus remarquer : Bachelot gagne 2 points après le désastre de l’Equipe de France (à 22%, alors que Yade baisse de 3 points à 36%), tout comme Villepin (+2 à 30%). Mais celle qui semble profiter de cette défiance générale est Marine Le Pen, qui gagne 3 points (à 18%).

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Qu’est allé faire Nicolas Sarkozy en Arabie Saoudite?

Nicolas Sarkozy est parti la semaine dernière pour un discret voyage de 24 heures en Arabie Saoudite. Au programme, la question israélo-palestinienne et de juteux contrats pour les grands groupes français.

Les droits de l’homme dans l’Emirat? Il n’en a point été question.

 

Pendant que François Fillon essuie la fronde des maires de France opposés à la fin de la taxe professionnelle, Nicolas Sarkozy entame ce mardi après-midi une visite officielle en Arabie Saoudite. Un déplacement opportun, que le chef de l’Etat effectuera en comité très réduit. Il doit être reçu, pour ce séjour privé, dans le ranch personnel du roi Abdallah d’Arabie saoudite, à environ 70 km de Riyad, la capitale.

L’objectif, pour le monarque, «dompter» ce «cheval fougueux» qu’est le président français, et dont le premier déplacement dans le royaume wahhabite en janvier 2008 l’avait laissé sur sa faim, car effectué à un rythme d’enfer. Cette fois, pas de ministres, ni de Carla Bruni-Sarkozy, et peu de journalistes, croit savoir «Le Figaro».

En langage diplomatique, on explique dans l’entourage royal qu’il s’agit de «renforcer les liens» et «élargir le spectre des relations». Du côté de l’Élysée, on n’est guère plus prolixe. Un terne communiqué évoque des «grands dossiers régionaux et des enjeux globaux» (le nucléaire iranien? l’Afghanistan? Le processus de paix israélo-palestinien?).

Selon le quotidien israélien Haaretz, le président français – en contact ces derniers jours avec plusieurs acteurs régionaux comme Benjamin Netanyahu, Bachar al-Assad et Mahmoud Abbas – aurait ressorti des cartons sa proposition d’une conférence internationale de paix à Paris, jusque-là restée lettre morte.

Contrats à signer

Nicolas Sarkozy compte aussi profiter de son séjour pour parler argent. Début 2008, il avait évoqué de «gros contrats à venir» pour un montant potentiel d’une «quarantaine de milliards d’euros». Mais jusque-là, aucun ne s’est concrétisé.

En haut de la liste du chef de l’État, un accord de coopération sur le nucléaire civil qui offrirait au royaume saoudien, qui a déjà signé un texte équivalent avec les Américains, la technologie française de l’EPR. La France espère également placer des frégates et des hélicoptères militaires, et décrocher la construction d’un TGV entre La Mecque et Medine.

En revanche, il est encore une fois peu probable qu’on parle des droits de l’Homme dans le royaume saoudien. En 2008, Nicolas Sarkozy avait cru bon de saluer «la politique de civilisation» entreprise par le roi Abdallah.

Un récent rapport de Human Rights Watch pointe pourtant les discriminations à l’encontre des citoyens chiites du royaume, alors qu’un autre décrit une justice parfois expéditive pour les personnes accusées de terrorisme.

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Bernard Squarcini : le « squale » de Sarkozy

Bernard Squarcini, le Vidocq de Nicolas Sarkozy est un homme discret qui a bien servi son maître.

En remerciement des services rendus à la Sarkozie, cet ancien commissaire et préfet a pris la tête de la nouvelle entité du contre-espionnage français, la DCRI (issue de la fusion de la DST et des RG).

L’homme est en effet derrière tous les coups fumeux qui ont fait de Nicolas Sarkozy un présidentiable, puis un président.

L’arrestation d’Yvan Colonna dans une bergerie corse au cours de l’été 2003. C’était lui! Les informations assassines distillées aux juges D’Huy et Pons en prélude à l’instruction du dossier Clearstream. Encore lui!

Bernard Squarcini semble derrière tous les coups d’éclat qui ont permis à Sarkozy de se faire une image à contresens du reste de la classe politique.

Ca donne d’ailleurs un côté cocasse aux déclarations de Nicolas Sarkozy qui nous raconte les yeux mouillés de larmes et avec des trémolos dans la voix qu’il a été victime d’un odieux complot et que s’il pourchasse ses calomniateurs c’est pour bien s’assurer que de telles pratiques n’auront plus cours sous les ors de notre chère république…

Tant que des hommes de la trempe du « Squale » y résideront, ce n’est pas sur. Non pas que j’ai quoi que ce soit contre sa personne (je pense que des hommes de cette trempe et qui ont en eux une bonnee dose de vice sont indispensables à la république), mais on ne peut pas à la fois prêcher une moralisation des moeurs politiques et faire d’une super barbouze le roi sans couronne des services secrets.

Qui peut croire que ce joker absolu contre les coups tordus, ne puisse de son côté avoir quelques atouts dans sa manche? Et qu’il se gène pour s’en servir si besoin?

Nicolas Sarkozy rencontre Bernard Squarcini Place Beauveau, à l’époque où notre président bling-bling n’était encore qu’un ministre de l’intérieur adepte de la karchérisation.

Sarkozy apprécie vite la discrétion de l’homme de l’ombre, habitué à obéir (et à l’être). Squarcini n’est pas plus bête qu’un autre et comprend tout aussi vite qu’il a peut être trouvé le pur-sang gagnant pour donner une nouvelle orientation à sa carrière.

Les deux hommes ont en effet des intérêts communs et n’ont aucun mal à comprendre ce qu’ils peuvent s’apporter l’un à l’autre. La spectaculaire arrestation de Colonna est la première illustration médiatique de ce pacte qui mènera Sarkozy à l’Elysée et Squarcini à la tête d’un organisme taillé à la démesure de son influence et lui offrant des pouvoir inédits pour un responsable du contre-espionnage français.

Il serait toute fois injuste de réduire la carrière de Bernard Squarcini à ses  accointances sarkoziennes. Il a été au fil des ans un des meilleurs espions de France, et son rôle dans le démantellement des réseaux islamistes lors de la vague d’attentats de 1995 a été décisive.

Mais même les héros veulent un jour un retour d’ascensceur. Squarcini l’a trouvé en la personne de Sarkozy avec lequel il forme un attelage redoutable dont on n’a sans doute pas fini d’entendre parler.

Robert Bourgi, l’affairiste sorti du caniveau de la Françafrique

Je souhaite tout d’abord prévenir que ce blog n’a pas pour objet de régler mes comptes avec qui que ce soit. Ce post au ton offensif est donc une exception que j’estime nécessaire co;pte tenu de la situation au Gabon.

Je ne suis pas une oie blanche et en ai rencontré peu au cours de ma carriere. Je sais que les hommes de l’ombre sont par nature ambigus et je ne m’en offusque pas outre mesure.

Mais Robert Bourgi n’est qu’un manipulateur, doublé d’un mythomane et que ses déclarations récentes mettent en danger les interets de la France, et pire de ses ressortissants, au Gabon et en Afrique de l’Ouest.

 Dont acte…

 

Robert Bourgi est un de ces hommes troubles et ambigus dont la Françafrique s’est longtemps délectée.

Homme d’affaires libanais de Dakar, il connaît à merveille les mentalités africaines et européennes, et jouant de sa différence parvient à être crédible sur les deux continents. Les hommes de sa trempe ne devraient l’être nulle part.

Car qui est Robert Bourgi ? Un affairiste sans grande envergure qui parasite depuis vingt ans les réseaux de la diplomatie parallèle française et les présidences africaines, sans jamais être vraiment pris au sérieux.

Oui Bourgi avait ses entrées chez Bongo, Wade ou Sassou-Nguesso. Mais son influence sur ces chefs d’états expérimentés n’a jamais été à la hauteur de ce que l’homme d’affaires assurait a Paris. Il était au mieux un porteur de valises.

A Paris, Robert Bourgi était encore moins pris au sérieux. Des sous-chefs de direction le recevaient bien dans le fol espoir de voir remonter des informations intéressantes ; par habitude Chirac et Villepin le saluaient, mais son rôle s’arrêtait là.

Lui jouait de ces ambiguïtés et assurait à ses interlocuteurs européens qu’il était dans les petits papiers des présidents africains. Et vice versa. Il en a d’ailleurs toujours profité grassement pour faire fructifier ses affaires… mais c’est une autre histoire.

 

Les années passent pour Robert Bourgi entre demi-vérités et mensonges éhontés, jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy soit élu président en 2007, sur un programme dans lequel il préconisait notamment le démantèlement des réseaux de la Françafrique.

Nicolas Sarkozy, sans doute moins prudent que ses prédécesseurs, croit aux histoires que lui raconte Robert Bourgi et le reçoit à plusieurs reprises, lui offrant la légitimité après laquelle il court depuis deux décennies.

Bourgi ne tarde pas à tirer profit de cette confiance et file à Libreville conseiller l’héritier Ali Bongo avec la crédibilité de l’Elysée.

Nicolas Sarkozy l’a-t-il envoyé en mission express ? Certainement pas. Lui a-t-il glissé au hasard d’une discussion que la France n’entraverait pas l’élection d’Ali ? Je n’en suis même pas certain.

Bourgi est parti jouer sa partie et n’a pas pu s’empêcher de glisser cette triste phrase : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur le comprendra ».

Une provocation pour tout gabonais, une insulte pour cette ancienne colonie, voire pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Je pense et j’espère que Robert Bourgi va payer le prix de cette faute et qu’il va bien vite retourner à un anonymat qui lui sied si bien.

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